Satie et voyages célestes – Cordâme – Église de Précieux-Sang – 2 juin 2018

Photo credit: Joé Lacerte

Le samedi 2 juin dernier, Cordâme présentait le dernier spectacle de sa tournée Satie variations à l’église de Précieux-Sang de Bécancour. L’événement faisait également partie de la programmation du 25e anniversaire de Diffusions Plein Sud. Le concert en formule quatuor, formé par Jean Félix Mailloux (contrebasse, compositions), Marie Neige Lavigne (violon), Guillaume Martineau (piano) et Mark Nelson (percussions), a conquis la trentaine de personnes réunies pour l’occasion.

Ce spectacle, qui correspondait au 150e anniversaire de naissance du compositeur français Erik Satie, est également une présentation de l’album Satie variations, de pièces classiques revisitées et de compositions tirées de ses quatre autres albums. Le lien commun entre tous ces morceaux est l’exploration. Moi qui trouve que Gymnopédie No. 1 de Satie est d’un ennui du type « achevez-moi à coups de 2X4 », j’ai bien apprécié la manière dont Mailloux, Lavigne (qui forment le noyau de Cordâme) et leurs comparses revisitent cette composition-signature (baptisée Gymnopédie africaine). L’utilisation particulière de la batterie (avec les mains qui remplacent les baguettes, par exemple) et l’aspect jazzy auraient pu s’avérer déconcertants, mais l’effet est plutôt surprenant et accrocheur.

Les autres pièces présentées ne sont pas en reste. Alliant sophistication et accessibilité, la liste musicale livrée aux spectateurs est loin d’être monotone. On voyage d’un style à l’autre, d’une époque à l’autre, d’une saison à l’autre. Avec Carré de sable, nous sommes presque dans la mélodie pop en formule musique de chambre (et il n’y a absolument rien de péjoratif dans mes propos). Un morceau en forme de poire (inspiré des Trois morceaux en forme de poire), qui permet de présenter un aspect plus « coquin » de Satie selon Mailloux, fait retourner au début du XXe siècle, dans un cinéma où est projeté un film muet. La composition originale Méditerranée, qui va puiser ses origines  auprès de compositeurs iraniens, réussit à nous transporter dans un milieu où le sable, la plage à l’eau pure, la sensualité et l’onirisme se côtoient.

L’acoustique offerte par l’église et le décor aident à rendre le spectacle encore plus agréable. J’avais toutefois l’impression que l’ambiance intimiste s’installait de plus en plus au fur et à mesure que le ciel s’assombrissait. Par contre, cela ne gâchait en rien le début de ma soirée et celui de Joé, notre excellent photographe présent sur place.

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