Alejandra Ribera – Microbrasserie La Pêcheresse, 24 février 2018

Torontoise d’origine et établie à Montréal depuis plusieurs années, Alejandra Ribera a habité trois semaines à Paris dans le 11e arrondissement, ce qui a été pour elle un véritable dépaysement.

C’est à la Microbrasserie La Pécheresse, dans le cadre de la série de spectacles hors des murs du Complexe culturel Félix-Leclerc, qu’elle a donné sa prestation à l’occasion de sa première visite en terre latuquoise samedi dernier.

La salle intime est parfaite pour accueillir l’univers onirique d’Alejandra et l’ambiance feutrée et enveloppante qui prévaut durant tout le spectacle.

Alejandra Ribera a une intensité, une énergie et une fougue qui rappellent la présence sur scène d’artistes telles Jorane et Tori Amos. Sa voix singulière, grave, chaude et envoûtante rappelle Lhasa de Sela et Nathalie Merchant et est parfois ponctuée d’inflexions allant chercher des notes plus aiguës, créant une variété de registres remarquable.

Elle est entourée de deux collaborateurs de longue date, soit le contrebassiste Cédric Dind-Lavoie et le guitariste et bassiste Jean-Sébastien Williams, et elle s’accompagne à la guitare à quelques reprises.

Tout comme ses origines, un père argentin et une mère écossaise, l’œuvre qu’elle présente est métissée, Ribera chantant parfois en espagnol et d’autres fois en anglais et en français.

Les chansons sont tirées de ses trois albums : Navigator, Navigateher (2009), La Boca (2014) et plus particulièrement This Island, qui est sorti l’année dernière.

Comme un voyage en soi-même qui explore les peurs, la quête de l’espoir et la renaissance, enfin, le spectacle s’ouvre avec le titre No me siguas (Ne me suis pas) et se termine avec Led Me To You (M’a conduit à toi). Un chemin rempli de questionnements, d’incertitudes, de brouillard. Puis, la destination, qui se révèle enfin, comme une éclaircie, pure et vraie.

Elle interagit beaucoup avec les gens dans la salle, racontant des anecdotes reliées à certaines chansons, en expliquant l’origine, l’inspiration qui a mené à leur création.

Un moment particulièrement marquant est lorsqu’elle donne la signification et le contexte de l’écriture de la pièce I am Orlando (Je suis Orlando). C’est une composition personnelle qui a été francisée par Jim Corcoran. Cette chanson tire son essence de la tristesse d’Alejandra après la fusillade de 2015 en Floride.

Le public se montre des plus respectueux envers l’artiste, se laissant guider par son rythme, comme des vagues d’émotions tantôt fortes, tantôt plus légères. Attentive, l’assistance garde le silence entre les chansons, lors des passages plus introspectifs ou lorsqu’Alejandra partage ses réflexions sur ces moments où il faut rechercher et s’accrocher à la lumière, un thème omniprésent sur ses albums. Ce spectacle est une invitation à célébrer cette lumière et à encourager les gens à la chercher.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :