Maya Kamaty – Club Balattou – 14 juillet 2019

     Le dimanche 14 juillet dernier, au Club Balattou à Montréal, avait lieu le spectacle de l’auteure-compositrice-interprète réunionnaise Maya Kamaty. Ce spectacle se tenait lors du 33e festival des Nuits d’Afrique.     

     Deux choses doivent être soulignées de ce spectacle : la voix puissante, riche et maîtrisée de Kamaty ainsi que la complexité des arrangements sonores. Ses pièces mélangeant culture maloya et musique contemporaine occidentale, il a été impossible de s’ennuyer. Surtout à la deuxième partie du spectacle, marquée par une plus grande diversité musicale et de jolies surprises, comme une version a cappella de la pièce Akoz, tirée de l’excellent album Pandiyé, sorti il y a presque quatre mois.

     Parlant de cet album, ce sont surtout les pièces de cette galette musicale qui ont été présentées. Accompagnée de Stéphane Lépinay (guitare), de Dylan Marvillier (batterie) et de Moana Apo (arrangements électroniques), Kamaty a livré des versions scéniques de ces pièces qui m’ont semblé avoir gardé l’esprit studio tout en leur insufflant une énergie plus brute et plus instinctive. De la guitare très planante de Lépinay, à la batterie mitraillette de Marvillier, aux sons parfois prog de Apo jusqu’à la présence chaleureuse du kayamb de Kamaty, on voyage autant dans la tradition maloya qu’on reste bien ancré dans le présent.

     Concernant le présent et les traditions, je dois revenir sur un discours touchant que la tête d’affiche du Balattou a fait avant de chanter Mazine, paru sur son précédent album, Santié Papang. Son discours était à propos de l’arrivée de familles sri-lankaises qui demandent refuge à La Réunion, ce qui a provoqué un sentiment de rejet des habitant-e-s. « On a oublié d’où on venait », a-t-elle déploré. Commençant plutôt avec un son reggae tranquille et chaleureux comme sur l’album, la pièce s’en est allée vers une version plus rock avec une voix de plus en plus viscérale et intense. La prestation de Kamaty, à la fin, m’a presque fait penser à celle de feue Dolorès O’Riordan, chanteuse des Cranberries.

     Parmi les autres pièces à souligner, il y a Kaniki avec sa subtile présence de hip-hop ; Vavang, écrite par son père Gilbert Pounia, qui nous fait souffler un peu de désert ; Lom an Doz, dans laquelle la réunion des effets rythmiques organiques et synthétiques ont réussi à bien se marier avec la guitare et les notes très « korgiennes » de la part d’Apo.

     Un spectacle qui m’a permis de redécouvrir l’album Pandiyé qui, malgré son aspect trip hop et ambiant, mérite vraiment une écoute assidue et rigoureuse si on désire découvrir toute la richesse contenue dans cet opus.

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